|
CONCLUSION ACCABLANTE DES AUDITS DE L'ARMP SUR L'ANOCI : Wade dénonce le caractère non-contradictoire du rapport et blanchit son fils
|
 |
|
|
| |
Critiques tous azimuts de la
gestion par Karim Wade des milliards de l'Agence nationale de
l'organisation de la conférence islamique (Anoci), dénonciations de
manque de transparence et exigence de bilan n'auront visiblement pas
réussi à faire varier Me Wade dans ses certitudes sur son fils et sa
détermination à porter la robe d'avocat pour lui. En effet, dans
l'interview accordée à l'hebdomadaire français «Marianne», il persiste
plus que jamais dans sa conviction que la gestion de Karim Wade des
milliards de l'Anoci est exempte de reproche. Et à le présenter blanc
comme neige, non sans qualifier de «fausses» toutes les accusations
portées contre lui. C'est dans cette veine qu'il considère, en ce qui
concerne l'Armp, qu'«un audit doit être contradictoire, celui-ci ne l'a
pas été, mais je sais que le rapport final sur les comptes de l'Anoci
(Agence nationale de la Conférence islamique) sera favorable». Une
observation du président Wade qui met ainsi un bémol au travail de
cette structure salué de tous bords et qui a valu même des
félicitations de la Banque mondiale. Allant même jusqu'à balayer d'un
revers de main toutes les critiques portées sur la gestion de son fils,
Me Wade de marteler : «toutes les accusations reprochant à mon fils des
dépenses somptuaires sont fausses. Je l'affirme». Fort de ses
certitudes, il qualifie de «calomnies gratuites» les accusations de
surfacturation dans la construction des routes. Ainsi, concernant
«toutes ces accusations de corruption, de trafics d'influence. Ils ne
donnent jamais la moindre preuve », dit-il. Poursuivant, il relève :
«je ne dis pas qu'il n'y a pas de corruption dans ce pays, mais les
dénonciations sont souvent des manipulations».
Et c'est toujours dans ce registre de «calomnies
gratuites» qu'il inscrit la polémique sur la licence de téléphonie dans
laquelle son fils est encore une fois cité. «Récemment un média
anglophone (Business Insider, ndlr) nous a ainsi accusés d'avoir voulu
racketter à hauteur de 200 millions de dollars la société américaine de
téléphonie Millicom. En vérité, par le passé, ils avaient emporté une
première licence pour quasiment rien. Ayant décidé d'ouvrir le marché,
nous leur avons indiqué que l'obtention d'une nouvelle licence ne
serait pas gratuite cette fois. Nous avons simplement défendu les
intérêts de l'Etat sénégalais et la réponse a été cet article».
Le chef de l'Etat a également fourni des réponses
sur la réorientation de la coopération économique du Sénégal vers des
puissances autres que celle colonisatrice : «J'ai d'excellents rapports
avec la France, on ne se déprend pas si facilement de ce qu'on a aimé,
mais la France a fait d'autre choix, l' Asie, vos entreprises sont
moins présentes et aussi moins concurrentielles... Au train où l'on va,
je l'ai souvent répété, face à la concurrence chinoise et indienne,
l'Europe aura bientôt perdu la bataille en Afrique».
| |