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AFFAIRE MILLICOM : Wade veut faire payer Youssou Ndour
Pour obtenir un répit avec la presse, qui étalait à longueur d’années
ses frasques et scandales, le président Wade avait signé la paix des
braves avec les patrons du « quatrième pouvoir ». Il leur avait versé
l’aide à la presse, qu’il avait promis de doubler. Il avait pris bon
nombre d’engagements, parmi lesquels l’octroi du signal de la
Télévision Futurs médias. Il est sur le point de leurrer son monde.
Car, son fils Karim ne veut pas voir, même en dessin, le patron du
groupe Futurs médias, Youssou Ndour. Ainsi, en lieu et place de se
justifier devant l’opinion publique nationale et internationale, suite
à l’accusation, portée contre lui par un journal américain, d’avoir
voulu extorquer 90 milliards de francs Cfa à la société de téléphonie
mobile Millicom, pour que sa filiale au Sénégal continue ses activités,
Karim veut faire diversion : il a fait courir la rumeur selon laquelle
c’est Youssou Ndour, qui aurait fait ébruiter cette accusation ; ceci,
pendant que celui-ci était en communion, en tant que star de la
musique, avec ses nombreux fans à l’intérieur du Sénégal. L’argument de Karim ne tient pas la
route, parce qu’il serait insensé de la part de M. Ndour de torpiller
un engament du président, fait devant les patrons de presse, à lui
accorder le signal, auquel il a droit. On ne peut pas vouloir une chose
et son contraire. Le président Wade le sait. Pourquoi M. Ndour
enrayerait-il une situation enclenchée en sa faveur ? Que gagne-t-il à
ébruiter des informations qui n’ont aucun impact sur son projet et ses
activités professionnelles ? Comment peut-il influencer un journaliste
américain à pondre un article contre un tel ? Il est vrai que les Wade considèrent
les Sénégalais à leurs images. Il est évident qu’ils ne se poseront pas
ces quelques questions et bien d’autres. Car, Karim ne veut pas qu’un
autre que lui brille et offre des emplois. C’est ce qui fait qu’il veut
torpiller la Tfm, où vont travailler des centaines de Sénégalais,
confrontés au chômage ou à la précarité. Il a poussé Jean Lefevre
Sénégal de Bara Tall à la faillite, pour la même raison. Il en veut,
maintenant, à Serigne Mboup, qu’il a utilisé après Bara Tall. Son père
ne peut rien lui refuser. Il connaît cette faiblesse et l’exploite à
fond. Il s’y ajoute que le président Wade n’est pas du genre à tenir
promesse. En plus, attaché à son ego, plus que
Narcisse, il se dit que la Tfm sera contre lui. Il ne sait pas que les
journalistes doivent informer, objectivement, les Sénégalais, qui leur
ont permis de fréquenter l’école et d’avoir des diplômes. C’est le
Sénégal, qui l’a fait aussi pour Wade, avant de l’élire président. Mais
le pouvoir qu’ils lui ont confié a rendu Wade ivre-mort. Ce sont les
patrons de presse qui doivent, les premiers, l’obliger à respecter ses
engagements, qui ne sont pas des cadeaux. Mais, en lieu et place de se
dévouer pour la République, les Wade ont choisi de la dévaliser et de
se jouer d’elle. Mais, qui vivra verra : les régimes sont comme les
saisons. Les peuples finissent toujours par renverser les dictateurs,
comme les arbres se séparent de leurs feuilles mortes, au plus tard
quand arrive l’automne.
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