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Vers une reprise du dialogue indo-pakistanais
Les deux ennemis ont pourtant les mêmes amis et tous deux sont sous
pression internationale pour les inciter à apaiser le conflit qui les
oppose et qui complique la situation dans le contexte de la guerre
anti-terroriste régionale à laquelle ils sont néanmoins associés,
indépendamment de leur rivalité.
A ce stade, ce n’est ni plus ni moins que l’expression d’une
volonté. Les deux parties manifestent qu’elles sont à la recherche d’un
calendrier de reprise d’un processus de discussions. Quinze mois se
sont écoulés depuis l’attaque de Bombay perpétrés par un commando
islamiste pakistanais qui avait fait 172 morts. Le choc initial est
dépassé, mais le traumatisme est encore vif en Inde et il continue
d’alimenter les passions et de nourrir les débats politiques. New Dehli
avance donc prudemment, sous le regard d’une opposition nationaliste
prompte à dénoncer « une reddition abjecte face au Pakistan »
et sous la pression d’une communauté internationale occidentale qui
mène une guerre antiterroriste dans la région et attend des
belligérants indiens et pakistanais qu’ils apaisent leur foyer de
tension.
Depuis les indépendances et la partition de l’Empire britannique, en
1947, c’est l’état de belligérance incarné par le conflit irrésolu du
Cachemire qui caractérise les relations entre New Dehli et Islamabad.
Or les deux capitales sont toutes deux formellement engagées
militairement et/ou politiquement dans la guerre contre le terrorisme,
aux côtés des Occidentaux. Et les nécessités du face-à-face militaire à
la frontière indo-pakistanaise mobilisent des moyens considérables qui
ne sont donc pas investis dans la lutte antiterroriste. C’est surtout
un problème pour la partie pakistanaise qui doit disperser ses moyens
opérationnels sur plusieurs fronts : à la fois maintenir le rapport des
forces conventionnelles avec l’Inde à l’est et au Cachemire, et à la
fois honorer son alliance avec les Occidentaux et mener sa propre
guerre civile contre-insurrectionnelle avec les talibans à l’Ouest, à
la frontière afghane.
Indulgence nucléaire
En réalité, bien que ce soit le Pakistan qui semble dans la position
la plus fragile, avec ses deux fronts, les deux pays sont également
sous la pression de leurs alliés occidentaux qui exigent amicalement
d’eux qu’ils se montrent de bonne composition en manifestant au moins
la volonté de réduire leur différend, en attendant de faire la paix. En
échange de quoi, outre les aides diverses civiles et militaires, les
pays occidentaux (et les Etats-Unis en tête) se montrent
particulièrement compréhensifs à l’égard des escalades militaires et
notamment des arsenaux nucléaires (parfois proliférant) développés par
les deux voisins hors de tout cadre international légal. Bien qu’aucun
des deux n’ait souscrit au Traité international de non-prolifération
nucléaire, tous deux sont soutenus par des membres permanents du
Conseil de sécurité de l’ONU.
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